Mordheim tape ltd 100
Prologue
Durbürz
Segen und Gedheihn
Epilogue
Katyn
In nomine dei Satanae
Thule
In Memoriam
Avis de Kurgan, extrait du catalogue DUKE
Raw Black de chez Raw Black and the fuzzy compagnie, (tout dans les aigus et la grésille quoi !!!), le Black
ultra-cru et minimaliste de MORDHEIM m’a carrément donné l’impression d’écouter une démo oubliée
d’ABSURD (le côté « pains à gogos », solos ultra-simplistes, enregistrement au fond des chiottes d’un bordel
kazakh, ambiances ultra-malsaines, etc… etc… « déglingué à mort » quoi !!!), parsemée d’ambiances nécrorituelles
bizarres et oppressantes semblant tout droit tirées d’une rehearsal-tape d’un obscur sous-projet façon
Black Legions sous trip frelaté !!!…
C’est totalement putride, moisi de partout et obscènement mauvais… mais je crois n’avoir rien entendu d’aussi
essentiellement, viscéralement et profondément Black Métal depuis une éternité !!!!
Bref… j’adoooooooooooooooooooooooooooore !!!!!!!!!…
Tout le monde va très certainement détester, honnir et flinguer à vue… mais moi : j’adore !!!!!!
( Putain de putain d’bordel de merde… POURQUOI c’est pas sorti chez D.U.K.E !?!?!!!??? )…
Je sais bien que je donne souvent dans les expressions du genre ‘à l’odeur de foutre rance du grand cornu » et
autres « ichoreux comme le mur gluant d’un caveau oublié où rampent des choses innommables »… mais là, ça
va largement au-delà !!!…
Alors bon… déteste ( si tu n’y comprends rien et n’y comprendras jamais rien ! )… ou adore…
Mais surtout… COMMANDE !!!!!!!!!…
Une tape que je vais de ce pas ranger entre mes démos de MUTIILATION, VLAD TEPES et autres
VERMIIS, ( j’aurai pu rajouter « Deathcrush », mais fuck… j’ai pas la version démo !!! )…
Démo-K7 limitée et « handnumbered » à 100 – Une release DERNIER BASTION
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Chronique par Jerry
Je vais entamer ma fonction de chroniqueur en m'occupant de la première démo de Mordheim, intitulée In Memoriam. Ce one-man band mené par Faust qui se terre dans le Pays de la Loire – à Angers plus précisément – propose une première offrande très personnelle et minutieuse. Car même si la minutie n'est pas le fer de lance du black metal, là je dirais que c'est l'innovation majeure de cette musique ; mais j'y reviendrais plus tard. Puisqu'une chronique ne vaut rien sans une analyse poussée de la musique, je m' éforcerai de m'illustrer dans la description et l'interprétation.
L'ouverture de cette démo est tout ce qu'il y a de moins banal. On a déjà vu des intros en tout genre, avec des bruits d'ambiance ou des polyphonies abracadabrantes. C'est pourquoi mon attention est toute retenue dès les premières secondes. A peine deux, trois notes de clean qu'une mélodie crasseuse et saturée vient nous entourer d'une brume épaisse. Ce qui fait la différence, c'est que rien n'est misé sur une atmosphère triste, pas de gamme mineure basique... c'est le doute et l'indécision qui priment. Je déteste les comparaisons, mais j'ai tout de suite pensé aux images du film Silent Hill, ceux qui connaissent verront tout de suite un paradoxe entre une musique tordue, et un ciel ni noir ni clair, un état intermédiaire. Cette sorte de léthargie est présente dans ce premier titre « Lettre », qui est difficile à cerner, car simple mais déroutant, loin d'être immédiat. Un morceau très dérisoire, où les cris sont utilisés presque comme des instruments ; la batterie y est en retrait. Une nappe de lamentations accompagne le tout jusqu'au bout des 2 mn 35, qui curieusement paraissent plus. C'est une sorte de berceau dérivant sur une eau douce... un cadre dépourvu de violence, excepté pour l'incertitude du passager quand à sa survie.
« Katyn », un titre bien étrange encore pour ce deuxième morceau. La musique est déjà plus facile à cerner car l'immédiat de la mélodie nous fait ressentir une froideur assimilable à de la dépression. C'est triste et souffreteux. C'est lent aussi, et je reviens à l'idée de minutie évoquée plus haut pour parler d'une ambiance très personnelle. Celle-ci prime avant tout et c'est évidemment dans cette direction qu'il faut trouver un sens. Les textes - incompréhensibles car grognés tel un lépreux qui perd son premier ongle – collent à la musique répétitive et gluante. C'est assimilable à un monochrome: une étude unique et minutieuse (voilà l'explication) destinée à susciter une émotion bien précise au récepteur, ici: moi. Les guitares sont aigues, la lourdeur vient des cris. Ils sont caverneux et constants, un écho qui dure le temps de combler le soupir entre deux pleurs. Ce sont incontestablement des cris de douleur mentale.
Faust propose ensuite un titre « In Nomine Dei Satanae » beaucoup plus conventionnel. Tout de même, il fait la césure avec le deuxième titre, tout comme le deuxième avec le premier... donc il n'y a pas moyen de trouver de la monotonie entre les titres. La guitare clean apporte énormément ici, les accords sont beaucoup plus reconnaissables et le morceau est plus entraînant. En ce qui concerne l'ambiance, elle semble un plus en retrait qu'auparavant, notamment en ce qui concerne la voix. Cependant persiste un bruit de fond qui vient à s'amplifier vers la fin ; un bruit métallique correspondant à un surplus de réverb, dont l'ivresse émanente est accrue par les guitares mélodiques et irréelles. Tout est encore très triste, on est dans l'attente du jugement de dieu lorsqu'on a déjà tout perdu: la vie n'a duré qu'une fraction de seconde, tout est déjà oublié... je ne me rappelle même plus son visage, le rire de ma file, quelle couleur ont ses yeux... c'était un rêve ?
« Thule » est un nom qui revient souvent dans le black metal, évidement puisque ça désigne les terres froides et inconnues de la civilisation despotique. Le Nord avec un grand « N », Faust nous en fait une esquisse dans ce quatrième titre. Cette fois-ci tout est dans la lourdeur, une batterie linéaire des guitares cycliques. C'est tout de même assez court pour une ambiance qui aurait toléré un morceau instrumental et dans la longueur. Mais au mieux ça me ferait dire que Faust a tranché sur une question de forme avec le black traditionnel. La froideur peut aussi être couplée avec la question du tourment, dans le sens où les raclements de fond de gorge que l'on distingue en fond nous dressent un portrait de la solitude incarnée. La froideur est violente, et je trouve que c'est le titre le plus violent de la démo. En effet, l'homme qui se morfond sur « Thule » parle comme l'homme qui a perdu la langue – donc l'humanité – et qui prépare sa Faide, sa vendetta.
Clôturons ce recueil par « In Memoriam », lancinant et déprimant. C'est un final, donc il faut le prendre pour la conclusion, le résumé de ce qui a été tracé à travers l'album.. et dans ce dernier titre tout est très clair et se joue en 1 mn 15. Un chant, qui par un écho caverneux en paraît mille ; une guitare répétitive et glaciale ; une baignoire sonore où chaque son revient sans cesse. Tout déborde et coule dans les failles d'un sol craquelé. J'aime beaucoup ce dernier titre, je regrette néanmoins qu'il soit éphémère, au point de me priver de l'orgasme malsain auquel il m'aurait conduit sans aucun doute.
Je plonge dans ma première chronique avec un de mes styles musicaux de prédilection. C'est même plus encore: ce que j'aime c'est ce qui va au-delà de la musique, les questions de fond sont les plus intéressantes. La musique de Mordheim est un art impressionniste, sans être abstrait. Une musique personnelle qui se fout de la forme et doit nécessairement travailler avec l'interprétation de l'auditeur. Je ne suis pas là pour mettre une note ou quoique ce soit, mais je ne peux pas non plus donner un regard objectif sur une musique personnelle, car je ne suis pas dans la tête de Faust. Il faut tout interpréter sinon la musique n'a pas de sens, et une interprétation est subjective. Ce n'est qu'une démo, alors mes quelques regrets ne valent pas grand chose, mais « Thule » et « In Memoriam » auraient eu à - mon avis – une portée plus grande s'ils avaient été plus longs. Alors pour conclure sur un mot général, je dois dire que j'aime ça, car ça va au coeur du problème, car l'empathie est un rapport d'intelligence, car la distinction est faite entre musique et nuisance sonore. C'est une musique pour anthropologues, pour psychanalystes, parce que l'étude de l'épine plantée dans la cervelle de Faust est soumise à d'innombrables interprétations.
© Dernier Bastion