Les six leçons tape ltd 200

Face A : La Race des Larves

- Rouge comme tes Lèvres
- La Pratique au Service de la Théorie
- Le Remède contre l'Aliénation

Face B : L'Esthetique Humide

- Leçon n°4
- Le Dard d'une Sale Guêpe dans mon Oeil
- Comme tu Brilles



Chronique pour Metalship 7.8/10

Les Chants de Nihil est un groupe qui a tout de suite su marquer son auditoire ! Avec une sorte de démo/compil passée inaperçue, le groupe a véritablement commencé à attirer son public avec Les Six Leçons. Une pochette succulente et provocatrice à souhait, mais une pochette qui reflète tellement la dure réalité des choses des cinglés de ce bas-monde… Musicalement, Les Chants de Nihil, mené de main de maître par des membres de Légion Mortifère, évolue dans un registre Black que certains qualifieraient de Doom. Doom ? Personnellement, je ne vois pas trop… Certes, certains tempos sont excessivement lents, hypnotiques et envoutant, mais le Doom, ce n’est pas que cela, c’est un véritable état d’esprit. Et on comprend ici très bien que ce qui anime Les Chants de Nihil, c’est incontestablement un esprit chafouin et pervers, baignant dans la déviance et la dépravation. C’est donc sur un fond de Black Metal atmosphérique et sale que la dimension malsaine et perfide qui habite les membres du groupe prend tout son sens. Les titres sont longs, crasseux et ils offrent à l’auditeur des complaintes agonisantes et dévastées de deux êtres. Les ambiances sont suffocantes, étouffantes et froides. Rien dans l’univers qui nous est dépeint n’inspire la Lumière ou la joie. Tout n’est que dépression et Mal, mais sans jamais tomber dans la caricature du DSBM. Sur cet opus, Les Chants de Nihil nous offrent toutefois une musique riche et variée, alliant avec brio les ambiances planantes et sombres, avec des passages plus violents et chaotiques. On notera la superbe Leçon n°4 qui prouve l’étendue du talent de composition dont fait preuve le duo. Car bien qu’en décalage avec le reste de l’album, la musique conserve un esprit relativement malsain et fourbe. Le chant français qui parsème ces hymnes possédés est un agit en appel à la haine et à l’autodestruction. Et pourtant, on ressent toute la poésie de la dépravation qui suinte d’un mot à l’autre. L’influence Baudelairienne n’est pas à renier, et une certaine philosophie du négativisme alimente ce tout. Sans vraiment rien inventer, Les Chants de Nihil font preuve d’une maitrise de leur art qui va au-delà des préceptes établis par le Black Metal. Le groupe n’hésite pas à jouer la carte de la lourdeur pour assouvir sa créativité et entraîner l’auditeur dans cet univers décharné. Il serait vraiment dommage de passer à côté des Six Leçons !


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Avis de Kurgan, extrait du catalogue DUKE

Yeah... j'adore la pochette à la BALTHUS (un prof de piano qui fourrage dans la p'tite culotte de sa p'tite élève, du jour !!!)... et les paroles genre "poésie déjantée et un tantinet perverse" à la croisée de Frédéric DARD, de Burroughs (pas le mec de Trzan... l'atre... le fanatique du LSD !) et d'un Artaud qui tournerai à la vinasse façon Bukowski !?!!!... EXCELLENT !!!...
Mais bon... faut quand même qu'on cause aussi un peu musique...
Et quand je vous aurai dit que là, on donne dans le black épique et symopho" à la manière du grand SETH de la grande époque (à ouais ouais ouais...... fans de "Blessures de l'äme" et de "l'Excellence" vous pouvez y aller les yeux fermés !!!...
D'autant qu'idem, le chant se comprend à la perfection !!!) croisé KRISTALLNACHT, croisé DARVULIA... avec - en sus - d'excellents solos et des passages acoustico-classico-atmosphériques maîtrisés à la perfection...
(Les sombres atmosphères que dégage cette tape-démo-album sont réellement somptueuses !!!)
Vous aurez tout de suite compris qu'il s'agit là d'une cassette qu'il vous faut immédiatement ajouter à votre bon de commande... et d'un groupe qu'il va falloir suivre de très très près !!!!!!... 6 très longs titres (quasiment une heure).


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Chronique par Kevin.

Les Chants de Nihil, projet parallèle de Legion Mortifère se compose de Jerry der Frenetikmeister au chant et à la guitare et de Mist pour la basse et les programmations. Leur premier album "Les six leçons" sorti en février 2008 (édit : Sortie en tape ltd a 200 exemplaires sous Dernier Bastion en Mai 08) n'est pas banal et son écoute demande une attention particulière afin de ne rater aucun minutieux détail contribuant à l'ambiance général de ce premier album complexe aux compositions approfondies et digne d'un grand intérêt.

Tout d'abord ce n'est en rien un black metal traditionnel qui s'offre à nos oreilles, les puristes true qui exigent du black metal qu'il soit rapide et direct ne trouveront pas de quoi les satisfaire ici. Non car les deux hommes nous proposent au contraire un travail minutieux d'ambiances dégageant une foule d'émotions fortes s'étalant sur des titres longs puisque, mis à part "Leçon n°4" qui dure un peu plus de trois minutes, ce sont des morceaux avoisinant les dix minutes.

Forcément on retrouve quelques points communs avec Legion Mortifère avec le même chant en français que l'on peine à comprendre tellement son élocution est à la fois hurlée et dénaturée, le même travail de riffs étant à la base des ambiances sauf qu'ici c'est encore plus net et une part des rythmiques qui rappelle celle de Legion Mortifère. Oui il y a quelques similitudes au niveau des instruments mais ce n'est pas étonnant puisque ce sont les mêmes musiciens et puis hormis ces quelques points communs la comparaison s'arrête là, car le travail de composition est ici bien différent.
Avec la première démo de Legion Mortifère, ces musiciens bretons offraient aux hordes barbares des titres courts et radicaux qui dévoilaient déjà un goût porté pour l'émotion que pouvaient dégager les morceaux mais ici c'est carrément à mon avis la première chose que l'on remarque à l'écoute de cet album.

La première leçon "Rouge comme tes Lèvres" peut se partager en deux parties, une première partie furieuse tout en étant mélodieuse nous emmenant dans une ambiance de commencement d'une aventure sombre et mystérieuse où tout peut arriver. La seconde partie abandonne l'aspect furieux pour adopter une plage d'apparente tranquillité bien que la pesante guitare donne un ton inquiétant à cet ensemble planant et ce dans une progression croissante.
"La Pratique au Service de la Théorie", la seconde leçon est comme un sursaut de vitalité, une énergie venant de loin qui surgit par un ton fougueux et cyclique du chant et de riffs pénétrant pouvant faire penser à un courage, une motivation extrême mais qui reste tout de même pénible, le caractère inquiétant et sombre de la musique n'étant pas mis à l'écart.
La troisième leçon intitulée "Le Remède contre l'Aliénation" est un titre très sombre et lourd où le chant de Jerry déchire l'ensemble musical comme le font les éclairs avec le ciel par temps d'orage, le riff et le break très répétitif nous mènent à une douce folie. Un titre long et intense qui prend un nouveau départ vers la fin avec une ambiance qui se radoucit, auraient-ils réellement trouver le remède contre l'aliénation?

Vient donc le titre le plus court de l'album, "Leçon n°4", titre instrumental de pur délire psychologique car contrastant avec ce que nous avons pu attendre auparavant, comme quoi lutter contre l'aliénation n'est pas simple et ce titre dégageant tant de mystère et de douleur enfouie sous un faible espoir retranscrit le parcours démentiel d'une personne cherchant une sortie de secours.
Après ce passage instrumental, la cinquième leçon "Le Dard d'une Sale Guêpe dans mon Oeil" débute par un rythme mid-tempo pesant et répétitif où une fureur enfouie tente des échappées par un riff de guitare énervé qui se dégage de temps à autres et ce chant torturé que Jerry sait tant vociférer. A la fin de ce morceau le rythme s'accélère violemment avant de redescendre de plus belle afin de clôturer cette avant dernière leçon.

Sixième et donc dernière leçon, "Comme tu Brilles" alterne moments de relative tranquillité et moments d'intense fureur que rien ne peut altérer, si quelque chose doit briller dans ce titre ce n'est certainement pas l'espoir quasi inexistant qui se dégage de ce tempo lourd et rendu oppressant par la voix de Jerry. Finalement ce dernier titre n'est pas réellement une fin, l'ambiance pesante reste comme en pause mais la lumière ne fait pas sa réapparition.

Mais au fait quel genre de leçons suivons nous au travers de presque une heure de musique riche en ambiances torturées ? A en croire l'artwork ce pourrait être des leçons de piano ou bien des leçons sexuelle qu'un connard de pervers enseignerait à cette pauvre jeune fille, ou bien carrément des leçons de vie sur la quête de la lumière et de l'espoir ? Au fond cet album dégage énormément d'émotions qui pourraient me faire dire beaucoup de choses,mais que dire ? Par où commencer ? Je ne crois pas que mes mots pourraient vous aider car chaque âme interprétera de façon différente cet apprentissage obscure.

Le contraste entre l'obscurité et la lumière comme images du désespoir et de l'espoir est un thème récurrent que l'on trouvait déjà avec Legion Mortifère avec la présence des "lucioles", seraient-elles une métaphore d'un faible espoir volatile ? C'est comme la présence de ce tableau dans la couverture de l'album avec cet enfant qui semble nous demander de l'aider, élément du décor qui pourrait être une mise en abîme des pensées internes de la jeune "apprentie".
Certains pourront peut-être avancer que l'approche musicale de ce jeune duo peut rappeler celle d'artistes comme Burzum mais Les Chants de Nihil ont réellement su se démarquer du lot et si certains titres de Burzum sont devenu aisément populaire auprès d'un public non initié, "Les six leçons" demandera une écoute bien attentive et réflexive car c'est une oeuvre qui ne se laisse pas aborder de façon superficielle.


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Chronique par Guudrath pour "La Voix des Ombres"

LES CHANTS DE NIHIL... J'ai découvert ce groupe sur la plateforme Myspace, autant décriée que louée – perso je trouve ça pratique pour se faire une idée ou découvrir un groupe.
Et c'est vrai que tous ces amis, ça permet rapidement d'étendre ces fameuses découvertes... Bref, LES CHANTS DE NIHIL c'est comme ça que je suis tombé dessus.
Et sur ce que peut proposer MyShit, les titres en ligne donc, j'ai contacté le groupe, qui m'a vite renvoyer vers le jeune label dijonnais Dernier Bastion, qui les produit sur format cassette. Me vlà donc avec ces CHANTS DE NIHIL à chroniquer et interviewer : ça m'apprendra tiens.

C'est la première piste de ces ''Six Leçons'' – c'est le titre de l'album - qui m'a accroché. En effet, la qualité de la construction de ''Rouge comme tes lèvres'' et ses riffs et lyrics facilement mémorisables font de ce premier titre un tir qui touchera durablement les esprits après son écoute.
Je crois que les suivants détiennent également leur part de bonnes choses. Musicalement, LES CHANTS DE NIHIL fabrique un Black Metal exigeant je trouve, mélodique et varié, sans pour au temps dépareiller de la scène Black Metal...
En effet, il n'y a pas grand chose de révolutionnaire dans la musique du duo breton. Ces garçons connaissent la musique, mais il n'y a pas d'audace dans celle-ci. Voilà des artisans, pas des artistes – cela n'est pas un défaut hein.
Enfin ça peut l'être, mais pas pour LES CHANTS DE NIHIL, je vous rassure, car justement, ils le font bien leur Black Metal.

C'est donc dans les lyrics qu'il faudrait aller chercher une certaine recherche qui les distinguerait de la doxa black metallique, comme le dit son auteur Jerry.
Et là je dirais que c'est trop facile et je ne vais pas entrer dans les détails. Je pourrais très bien écrire demain quelque chose d'original et pointu qui me distinguerait des scientifiques par exemple, en dissertant sur la façon dont se comportent les parasites de diverses espèces d'oiseaux selon le temps qu'il fait et selon leurs migrations – un sujet digne des IgNobels, d'accord.
Ecrire de la poésie (presque) donc ? Ah ok. Mais demain, un Roumain qui écoutera le skeud n'y comprendra rien et ce n'est pas (seulement) une question de langue : un auditeur de Black Metal va chercher du Black Metal dans ce qu'il recherche (ce qu'on trouve ici), du bon si possible (ce qu'on trouve ici) et surtout, il y accrochera si ce Black Metal a de la personnalité (en manque ici).
On retiendra toujours plus que les autres un Black Metal qui est autrement coloré musicalement, qui a de la personnalité, de la singularité. Car la musique s'adresse d'abord aux oreilles - puis au cerveau.

Jerry disait aussi vouloir exprimer dans LES CHANTS DE NIHIL tout ce que le Black Metal met de côté : ce que le Black Metal a donc tout mis de côté par besoin et par raison...
Jerry dit ainsi vouloir faire un Black Metal optimiste et enjoué : pourquoi faire du Black Metal dans ce cas ? Le genre a poser des frontières, ce n'est pas pour rien. Le Black Metal n'a rien à faire des autres thèmes.
Je ne dis pas ça par manque d'ouverture d'esprit : non, je dis ça car je connais très bien ce genre de metal extrême. Car si c'est pour être joyeux et optimiste (nan mais LOL non ?) autant faire de la Pop/Rock non ? Ce n'est pas de l'art conceptuel ou abstrait ! ''Comment ça mon tableau est vert ? Il est rouge vous comprenez ?''...
De plus, je n'entends pas dans LES CHANTS DE NIHIL – un nom pas vraiment enjoué et optimiste, ou alors est-ce de l'ironie ? - quelque optimisme ou joyeuseté de quelconque sorte... Ou alors nous ne donnons pas la même signification à ces mêmes notions !!!
Enfin bon, je ne vais pas faire de procès au duo breton, je voulais juste relever des incohérences qui déservent ce jeune groupe qui se trompe sur son chemin, selon toute vraisemblance.

LES CHANTS DE NIHIL, avec ces ''Six Leçons'', propose donc un Black Metal fort bien exécuté, avec un vrai feeling Black Metal, mais qui ne marquera pas la mémoire, à mon grand regret. Cet album-cassette est loin d'être mauvais – mais il est loin d'être original !


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Chronique pour Sombres Bâptemes #4

Les Chants de Nihil. Musique un peu plus inspirée (faut dire qu’avant, ça volait vraiment bas) [ndDB : avant = Mordheim & LFDB], voix un peu plus sérieuse, mais cela ne constitue qu’un groupe dispensable de plus, sans parler de la b-a-r très limite.


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