Ma plus Douce Vermine digipack ltd 500

La Paresse Exaltée
Ma plus Douce Vermine
Le Sucre
Ekklesia



Chronique pour Metalship 7/10

Peu de temps après un album hautement salué (De La Gloire), Les Chants de Nihil nous livrent leur premier EP efficacement intitulé Ma Plus Douce Vermine. Inutile de dire que l’on s’attend à quelque chose de malsain et perfide une fois de plus de la part du duo français. Mais Les Chants de Nihil veulent nous surprendre, et la pochette de ce nouvel EP indique « ceci est une pure expérimentation d’ambiance et d’écriture instantanée ». Et sachez que le rendu a de quoi surprendre. On dirait que les français ont pris une orientation qui s’apparente plus au Dark Ambiant, mais l’esprit Black Metal qui anime ces âmes irrécupérables est toujours bel et bien présent avec des riffs lourds, mais qui, pour le coup, pourraient très bien appartenir à un penchant plus Doomesque de par sa lourdeur. Mais contrairement à tout Dark Ambiant qui se respecte, tout n’est pas instrumental et le chant est toujours bien présent ici. Et si il reste tout de même quelques bribes des Chants de Nihil tels qu’on les connaissait avant, on remarquera une grosse évolution tout de même, notamment dans la place prise par les ambiances. On plonge petit à petit dans un Black Metal néoclassique, ou plutôt une forme d’avantgardisme peut-être involontaire. Il faut avouer qu’il y a de quoi repousser les puristes, mais le travail accompli mérite inévitablement d’être salué ! Il est vrai que ces ambiances sont peut-être trop présentes et peut-être trop propres pour être directement apparentées au Black Metal, mais Les Chants de Nihil nous offrent une musique de grande classe, aux ambiances soignées et riches. Et on peut difficilement faire abstraction de l’aspect instinctif des compositions. Si effectivement Cep a été composé de manière expérimentale et en écriture instantanée, il y a que quoi bluffer l’auditeur qui se perd dans les méandres des atmosphères lourdes et voluptueuses à la fois. Ma Plus Douce Vermine montre une fois de plus un groupe au réel potentiel et vraiment intéressé par toute la partie artistique de la démarche musicale. S’il trouve une place un peu à part dans la discographie du groupe, Ma Plus Douce Vermine a au moins le mérite de proposer quelque chose de neuf et intriguant. Les mots me manquent pour conclure, mais je dirais juste qu’il faut absolument se pencher sur le phénomène.

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Chronique pour Pavillon 666 7/10

Les Chants de Nihil, groupe assez atypique en France, officie dans un black ambiant très sombre et assez torturé. Cette année marquera la sortie de deux opus, l’un étant un album bien intégré dans la discographie du groupe, nommé « La Liberté Guidant le Fer », empreint d’une noirceur sans équivoque, et cet EP, « Ma Plus Douce Vermine », avec une longueur de 52 minutes, à mettre à part dans la disco du combo vu qu’il s’agit cette fois-ci de Black Atmo aux relents doom. Enregistré en 2008, l’album est, comme inscrit dans la version digipack, « Une pure expérimentation d’ambiances et d’écriture instantanée ». De l’expérimental me direz vous, oui, peut-être, mais un album expérimental totalement raffiné et recherché, les paroles étant on ne peut plus poétiques et subtiles, la musique étant d’autant plus pointue et empreinte d’un décharnement sans égal. Quatre titres composent l’EP, le premier étant instrumental et le plus court de l’album (7minutes12 étant la durée minimum c’est pour vous dire). Ambiance sombre et mélancolique, pluie tombante, piano et guitares en totale osmose, lenteur du rythme, sons de cloches, bref, de quoi vous glacer le sang avant de tomber directement au cœur de l’opus, les titres suivants étant on ne peut plus déstabilisant. « Ma Plus Douce Vermine », titre éponyme bien évidemment, nous plonge tout d’abord dans une ambiance solennel avec son son d’orgue funèbre, jusqu’à l’arrivée de guitares lentes et quelques peu linéaires, offrant tout de même quelques solos mélancoliques. Le chant, tranchant et décharné, nous crie sa hargne dans un français assez recherché, ce qui détonne avec l’ambiance même de l’opus. Les cris prennent aux tripes tant ils sont si expressifs, et la continuité du son de l’orgue renforce ce sentiment de haine mais aussi de malaise. « Le Sucre », ultime exemple en matière de black ambiant, les claviers étant aux premières loges, ensemble lent, doux même, apaisant, mais subitement écrasé par un flot de guitares mélancoliques, et un chanteur criant des paroles assez subjectives. Quelques interludes instrumentaux, sombres et planants, quelques jeux de guitares, jusqu’à la fin, simple reflet du début, les notes aux claviers étant identiques. « Ekklesia » et ses premiers riffs démoniaques, semble être l’ultime descente aux enfers, et nous offre tout un panel d’ambiance. Le rythme est sans doute le plus rapide ici, même si la lenteur prédomine. Les guitares sont plus mises en avant, ainsi que la batterie et le chant. La fin est totalement ambiante, écrasante, et même dérangeante, car on semble retrouver le si peu de lumière qu’on peinait à retrouver tout au long de ces 52 minutes … « Ma Plus Douce Vermine » reste un EP assez opaque et sombre, teinté d’ambiances mélancoliques. La production pourrait tout de même être meilleure mais le tout reste sympa à écouter, quoiqu’un peu déprimant il faut le dire. Je conseille l’EP et même le groupe à tout amateur de black ambiant et d’atmo.

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Avis de Kurgan, extrait du catalogue DUKE

Doom-black de haute (très très haute !!!) volée... ce premier album de LCN, funèbre et désespéré, est un véritable monument du genre !!!...
Funèbre comme cet orgue, qui ne cesse de hantzer l'album, en lui donnant ce parfum particulier aux films d'horreurs des années 30 à 50...
Funèbre comme ces atmosphères de cimetières de campagne en automne... croix rouillées et toutes guingois... fleurs en plastiques aux couleurs vives à demi noyées sous les feuilles mortes collées à elles par l'humidité et la pourriture... Funèbre mais néanmoins martial et fier... fier comme ce viel homme, seul au milieu des tombes... nu tête sous la froide pluie de novembre... raide comme les croix qui l'entourent... et qui soudain, tourne son visage vers le ciel et s'en prend à Dieu... l'inective... expulse sa colère comme s'il lançait un sort aux Nephilims eux-mêmes... les maudissant à jamais pour lui avoir volé les siens... l'avoir laissé seul sur ce monde qu'il exècre...
Il hurle... et sa thrène se fait haine... il gémit, comme cette lead dont les lamentations s'accrochent et s'enroulent autour des riffs plombés qui serpentent et rapent entre les caveaux... et sa thrène se fait fiel... sourd vitriol aux reflets d'abseinthe...
Il regarde Dieu bien en face ("douce vermine")... brûle son âme aux orbites vides de la faucheuse ("douce vermine")... et s'en va... à jamais mort d'être vivant !
Quatre lamentations chargée de haine... quatre malédictions lancées au monde, aux dieux et aux hommes, quatre Chants qui, comme ceux de Maldoror, vous brûleront l'âme jusqu'au nihil absolutum... jusqu'à ce que, totalement consumé, vous ne vous sentiez plus faire partie du Grand Tout... Mais deveniez vous même ce Grand Tout... prisonnier de vous même, de vos douleurs et de vos peurs, de ce cri qui veut... ais ne peut sortir !
Et là... quoi...vous donner de futiles comparaisons!??...
Vous citer, pêle-mêle, Drudkh, Forgotten Tomb, Dolorian, Evol, Agalloch, Leviathan ou même Ange (oui oui... Ange !?!!)... vous dire que cet album est en quelque sorte la rencontre de tous ces groupes au pays des limbes glaciales et désincarnées où Les Chants de Nihil se sont aventurés !?...
Nein !!!... La seule chose qu'il me reste à dire c'est : achetez cet album, attendez le crépuscule d'une froide et brumeuse journée d'hiver... et posez le casque sur les oreilles...


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Chronique parut dans L'Antre Des Damnés #12

Après avoir sorti deux albums longue-durée, cette jeune formation originaire des Côtes d’Armor décide de nous faire patienter en sortant cet EP 4 titres dont la durée avoisine malgré tout les 50 minutes… Mais laissons parler la musique… Le premier morceau qui s’avère n’être qu’instrumental démarre avec le son d’une pluie d’automne, accompagnée pour l’occasion par les plaintes d’une guitare agonisante. Dès cette entrée en matière, les choses nous sont clairement présentées : désespoir et mélancolie seront les maîtres-mots durant ce périple musical… Le titre se poursuit sur un rythme résolument lent, la batterie ayant fait son apparition ; les riffs de guitare sont répétitifs et hypnotiques, et on entend quelques sonorités industrielles en fond… : le groupe nous ouvre les portes d’un monde post-moderne où tout n’est que tristesse et solitude… Le deuxième titre commence sur les notes d’un orgue d’église, instrument qui soutiendra le morceau jusqu’à son terme.
La batterie est à nouveau très lente, deux guitares s’affrontent, l’une rythmique au son très raw, et la deuxième, beaucoup plus éthérée, qui balance régulièrement des solos : le contraste ainsi obtenu est réellement intéressant. Pour la première fois, une voix fera son apparition : elle a un rendu très écorché, ce qui renforce l’atmosphère sombre et glauque des titres. Les compositions sont longues (le morceau Le Sucre dure près de 20 minutes !!!), les riffs hypnotiques, tous les ingrédients sont réunis pour faire entrer l’auditeur dans l’univers du groupe. A de rares moments, le rythme s’emballe comme pour mieux ralentir par la suite et annihiler toute trace d’espoir… Les deux autres morceaux ont une structure similaire à celle de Ma Plus Douce Vermine, mais possèdent néanmoins leur singularité propre. Un mot sur les textes, déclamés dans la langue de Molière, qui dénotent un réel talent d’écriture de la part de leur auteur, Frenetikmeister, et qui ont le mérite d’être originaux pour le genre. En ce qui me concerne, cet EP est une très bonne découverte (je ne connaissais pas leur musique) et donne envie de se pencher sur le reste de la discographie de ces Français. Une musique émotionnellement très riche, qui, malgré la longueur des compos et la répétitivité de certains riffs, ne s’avère jamais monotone. (E.R.)


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Chronique parut dans In Extremis #39 - 4/5

A chaque numéro quasiment tu te retrouves avec une nouvelle chro des CDN sous les mirettes, mais si t'as un minimum de bon goût tu ne devrais pas t'en plaindre. En effet ce duo est très prolifique, mais ce qu'il y a d'intéressant par dessus le marché c'est qu'avec chaque nouvelle prod, ils explorent une voie différente. Touche-à-tout, les Chants de Nihil le sont véritablement. Mais pas comme des savants-fous qui expérimenteraient dans leurs labos souterrains un tas de formules inédites, ne se souciant pas des retombées, essuyant un tas d'explosions subites lors de mélanges inappropriés. Ici le soucis principal reste la musicalité, et je peux te dire qu'elle prend le dessus à chaque fois. "Ma Plus Douce Vermine" opte pour un virage beaucoup plus doom que tout ce qu'ils avaient fait auparavant, funeral-black/doom même allons-y... mais un métal funèbre sans le coté extrêmement chiant de toutes ces formations finlandaises signées chez Firebox. Cette fois-ci notre duo de surdoués donne dans l'alchimie avec un grand A. Et si la rencontre entre Shape Of Despair purgé de tous ses tics orchestraux, mais un Shape Of Despair qu'aurait sacrifié sa pouf de chanteuse, et un Bathory suicidaire, si cette rencontre improbable te donne la chair de poule, des chaleurs au bas-ventre, un conseil : écoutes vite cette promo-tape. L'orgue ajoute une touche magistrale de vieux films d'horreur (ceux de la Hammer avec Bela Lugosi notamment), et la boite-à-rythmes se marie enfin parfaitement à la musique. Là où je critiquais par le passé son coté trop synthétique, ici elle contribue à souligner l'ambiance de mort qui plane, cette froideur digne d'un brouillard collant de décembre avec les lointains croassements de corbeaux. La face B est nettement plus chiante quant à elle ("Paresse Exaltée" + "Le Sucre"), du coup par contraste la face A brille d'un éclat encore plus intense.
(disponible en digipack fin août)



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